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15 janvier 2026

Alors qu'approche l’heure de la retraite, une question se pose pour tout salarié du secteur privé : qu’advient-il de la mutuelle d’entreprise dont il bénéficiait en tant qu’actif ? Depuis 2016, tous les salariés doivent adhérer à la complémentaire santé collective proposée par leur employeur, celui-ci finançant au moins 50 % de la cotisation. Mais une fois retraité, on cesse d’appartenir à l’entreprise et l’employeur ne cotise plus, ce qui soulève des enjeux de portabilité de la mutuelle et de maintien individuel de la couverture. Cet article détaille les dispositifs en place (notamment la loi Evin), les démarches à entreprendre pour conserver sa mutuelle au moment du départ à la retraite, les délais à respecter, les pièces à fournir, ainsi que des conseils pratiques pour comparer les offres de mutuelles « seniors » et éviter les pièges courants.

 

Portabilité de la mutuelle d’entreprise : quel principe à la retraite ?

La portabilité classique ne s’applique pas aux retraités

En cas de cessation de contrat (licenciement, rupture conventionnelle, etc.), la portabilité des droits permet de conserver la mutuelle collective gratuitement pendant un temps limité, à condition d’être éligible à l’assurance chômage.
Mais attention : ce dispositif ne s’applique pas lors d’un départ en retraite, car le retraité ne perçoit pas d’indemnisation chômage.

Le maintien de la mutuelle via la loi Évin

Heureusement, la loi Évin prévoit un mécanisme spécifique pour les retraités : le maintien de la couverture santé collective à titre individuel.
Concrètement, l’assureur doit proposer au salarié partant à la retraite de conserver les mêmes garanties que son ancien contrat d’entreprise, mais à sa charge intégrale. Contrairement à la portabilité des chômeurs (gratuite 12 mois), cette continuité est illimitée dans le temps, mais payante dès le départ.

À retenir : la loi Évin protège les droits santé des retraités en évitant toute rupture de couverture, tout en permettant une transition douce vers une mutuelle individuelle.

Conditions pour bénéficier du maintien de la mutuelle à la retraite

Tout salarié partant en retraite peut prétendre au maintien de sa mutuelle d’entreprise, à condition de remplir trois critères cumulatifs :

  1. Avoir été effectivement adhérent à la complémentaire santé collective de l’entreprise au moment du départ.
  2. Avoir liquidé sa pension de retraite de base, c’est-à-dire être reconnu officiellement comme retraité percevant une pension (ou, le cas échéant, bénéficier d’une rente d’incapacité ou d’invalidité).
  3. Faire la demande de maintien par écrit dans les 6 mois suivant la rupture du contrat de travail.

Si ces conditions sont remplies, le salarié retraité a le droit de conserver sa mutuelle, et l’organisme assureur a l’obligation de lui proposer cette possibilité.

Il est important de noter que l’employeur n’a aucun rôle décisionnaire dans ce processus. Dès lors que l’ex-salarié remplit les conditions, il doit simplement déclarer le départ à la retraite à l’assureur, lequel est tenu d’en informer le retraité et de lui proposer le maintien de sa couverture santé.

 

En résumé, si vous partez à la retraite après avoir été couvert par la mutuelle obligatoire de votre entreprise, vous avez le droit de la conserver à titre individuel. Ce maintien reste une option facultative : libre à vous de l’accepter ou non selon votre situation et vos besoins.

Démarches et délais à respecter

Dès que votre départ en retraite est acté, l’employeur doit informer l’assureur de votre mutuelle d’entreprise que vous quittez la société pour cause de retraite. Ensuite, l’organisme assureur prend le relais et vous contacte directement.

Étapes à suivre :

  1. Notification du départ : l’employeur déclare votre départ à l’assureur.
  2. Proposition de maintien : dans les 2 mois suivant la fin du contrat, l’assureur doit vous adresser une offre de maintien de garanties à titre individuel. Cette proposition se présente souvent sous la forme d’un avenant ou d’un nouveau contrat reprenant vos garanties actuelles.
  3. Acceptation de l’offre : vous disposez d’un délai maximal de 6 mois après votre départ en retraite pour répondre. Passé ce délai, le droit au maintien à vie de la mutuelle est perdu.

Il est vivement conseillé de répondre rapidement, afin d’éviter toute interruption de couverture santé. En cas d’acceptation immédiate, votre nouveau contrat prendra effet le lendemain de votre demande.

Démarches administratives

La procédure est simple : rédigez une lettre recommandée à destination de l’assureur pour formaliser votre demande de maintien. Cette démarche permet de conserver une preuve écrite.

Pièces à joindre à la demande : 

  • Attestation de droits à la retraite, délivrée par votre caisse de retraite.
  • Certificat de travail mentionnant la fin de votre contrat.

Une fois votre dossier complet envoyé, l’assureur dispose en principe de 2 mois pour vous transmettre le contrat de maintien définitif, s’il ne l’a pas encore fait.

 

La loi Evin s'appliquera uniquement pour le salarié sortant.  Cela signifie que si en tant que salarié vous bénéficiez d'un contrat famille qui couvre aussi vos ayants-droits, ils ne pourront pas être rattachés sur votre nouvelle mutuelle loi Evin.

À retenir : respectez scrupuleusement les délais de 6 mois et fournissez les pièces demandées sans tarder pour garantir la continuité de votre couverture santé.

Couverture maintenue : ce qui change (ou pas) une fois retraité

En acceptant le dispositif de maintien individuel, vous conservez à l’identique la couverture « frais de santé » de votre contrat collectif d’entreprise. Autrement dit, vos niveaux de remboursement (hospitalisation, consultations, pharmacie, dentaire, optique, etc.) restent les mêmes que lorsque vous étiez salarié. Cependant, plusieurs changements notables interviennent une fois le contrat converti en individuel.

Fin de la prévoyance

Les garanties de prévoyance associées à votre ancien contrat collectif (indemnités journalières, rente d’invalidité, capital décès, etc.) prennent fin à la retraite.
Le maintien de la loi Évin ne concerne que la mutuelle santé et non les garanties de prévoyance. Ce changement est logique : un retraité n’a plus besoin d’une couverture liée à la perte de revenus professionnels. Vous conservez donc uniquement la complémentaire santé de votre ancien régime.

Cotisation à votre charge à 100 %

À la retraite, vous devez désormais assumer l’intégralité de la cotisation sans participation de l’employeur. Concrètement, le montant que vous payez double dès la première année si votre entreprise finançait 50 % du coût.
Exemple : si vous versiez 40 € par mois pour une cotisation totale de 80 €, vous paierez désormais environ 80 € par mois pour conserver la même mutuelle.

Augmentation progressive des tarifs les premières années

La loi Évin encadre les hausses de tarif pendant les trois premières années suivant le passage à la retraite :

  • 1re année : aucune augmentation (vous payez seulement la part employeur en plus de la part à charge en tant que salarié).
  • 2e année : hausse limitée à +25 % du tarif applicable aux salariés.
  • 3e année : hausse maximale de +50 %.

À partir de la 4e année, le plafonnement disparaît : l’assureur peut ajuster librement les tarifs. À terme, la mutuelle d’entreprise conservée devient souvent aussi onéreuse, voire plus chère, qu’une mutuelle individuelle du marché.

Couverture des ayants droit limitée

Le contrat maintenu est un contrat à titre individuel. Par conséquent, vous seul êtes bénéficiaire garanti. L’assureur n’est pas obligé de maintenir la couverture pour vos ayants droit (conjoint, enfants) présents sur le contrat collectif.
Cependant, certaines mutuelles acceptent de prolonger la couverture pour les ayants droit déjà rattachés avant la retraite, à condition que chacun règle sa part de cotisation.

En revanche, aucun nouvel ayant droit ne peut être ajouté après votre départ à la retraite. En cas de décès du retraité, les ayants droit déjà couverts peuvent généralement conserver la mutuelle à titre individuel, mais ils ne peuvent pas la transférer à d’autres membres de la famille.

 

Faut-il conserver sa mutuelle d’entreprise ou en changer à la retraite ?

Conserver sa mutuelle d’entreprise à la retraite peut sembler être la solution la plus simple. En réalité, cette option présente des atouts certains, mais aussi des limites à ne pas négliger.

Les avantages :

  • Vous gardez les mêmes garanties que celles dont vous bénéficiez en tant que salarié, souvent plus complètes qu’un contrat individuel classique.
  • Grâce à la loi Évin, la hausse des cotisations est limitée pendant les trois premières années, ce qui assure une relative stabilité financière.
  • Le maintien s’effectue sans démarches complexes : pas de nouvelle adhésion, de questionnaire médical ou de délai d’attente.

Les limites :

  • Les garanties d’un contrat collectif sont conçues pour des salariés : elles peuvent être mal adaptées aux besoins d’un senior (maternité, orthodontie, etc.) et moins performantes sur des postes importants comme l’audition ou l’optique.
  • À long terme, la cotisation devient élevée, car l’employeur ne la finance plus. Après la 3e année, les tarifs ne sont plus encadrés et peuvent fortement augmenter.
  • Les ayants droit (conjoint, enfants) ne sont généralement plus couverts une fois le contrat converti en individuel.

Garder la mutuelle d’entreprise à la retraite est une solution pratique à court terme, mais il est préférable de réévaluer régulièrement son intérêt. Si les garanties ou les tarifs ne correspondent plus à vos besoins, envisagez une mutuelle senior plus adaptée à votre profil et à votre budget.

 

Conseils pratiques pour bien choisir sa mutuelle santé de retraité

 

1. Faites le point sur vos besoins de santé
Avant de choisir une mutuelle, identifiez clairement vos besoins médicaux prioritaires : optique, dentaire, audition, hospitalisation, consultations de spécialistes… À l’inverse, repérez les garanties devenues inutiles (maternité, pédiatrie, orthodontie). Cette analyse vous permettra de choisir une couverture adaptée à votre profil sans payer pour des postes superflus.

2. Comparez les offres du marché
Les écarts de prix et de garanties peuvent être importants d’un assureur à l’autre.

- Utiliser des comparateurs en ligne 

- Comparer les niveaux de remboursement, les services inclus et le rapport qualité-prix.

- Mettre les offres en concurrence peut faire économiser plusieurs centaines d’euros par an.

3. Lisez attentivement les conditions du contrat
Avant de souscrire, vérifiez les délais de carence, les exclusions, les plafonds de remboursement et les modalités de résiliation. Préférez les contrats sans délai de carence et avec des plafonds suffisants sur les postes clés (dentaire, optique, hospitalisation).

4. Privilégiez une mutuelle responsable
Les contrats responsables et solidaires couvrent les soins du panier « 100 % Santé » (lunettes, prothèses dentaires, capillaires et auditives, fauteuils roulants) et bénéficient d’une fiscalité réduite. Ils assurent un bon niveau de remboursement tout en limitant la hausse des cotisations.

5. Réévaluez régulièrement votre couverture
Votre santé évolue avec le temps : pensez à réévaluer votre contrat chaque année pour vérifier qu’il reste adapté à vos besoins et à votre budget. 

Depuis 2019, vous pouvez résilier votre mutuelle à tout moment après un an d’adhésion, ce qui facilite le changement si une offre plus avantageuse se présente.

En bref : soyez proactif ! Comparer, ajuster et anticiper sont les clés pour garder une mutuelle performante sans payer trop cher.

 

En conclusion, le passage de la vie active à la retraite entraîne des changements importants pour votre mutuelle d’entreprise. Heureusement, la loi prévoit un cadre protecteur pour maintenir votre couverture, à condition d’agir dans les temps et de bien s’informer.

Que vous choisissiez de conserver temporairement votre mutuelle collective grâce à la portabilité loi Evin ou de souscrire une nouvelle mutuelle senior, l’essentiel est de ne jamais vous retrouver sans protection santé, et d’adapter votre contrat à vos besoins réels de retraité. En étant attentif aux conditions et en comparant les offres, vous pourrez aborder cette transition en toute confiance, avec la tranquillité d’esprit d’être bien couvert pour vos soins de santé à venir.

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